
Thai Airways s’apprête à investir 10 milliards de bahts dans un centre de maintenance aéronautique (MRO) à l’aéroport d’U‑Tapao. L’accord de bail signé avec l’Office du Corridor économique de l’Est (EECO) couvre 33,6 hectares pour une durée de 50 ans. L’État percevra un loyer fixe, ajusté selon les tarifs du Trésor, ainsi qu’une part des revenus une fois le site opérationnel. La signature officielle de ce projet est annoncée pour le 4 août.
Le projet sera géré par une filiale dédiée, Thai MRO Services Company Limited, et prévoit un hangar intelligent capable d’accueillir simultanément trois avions gros‑porteurs. La capacité annuelle est estimée à 110 appareils gros‑porteurs et 130 moyen‑porteurs. Les travaux doivent débuter en 2027, pour une ouverture en 2030. Les revenus initiaux sont évalués entre 400 et 500 millions de bahts par an, avec une croissance moyenne de 2 %.
Pour la compagnie nationale, l’objectif est clair : diversifier ses sources de revenus et réduire les risques, tout en renforçant sa compétitivité sur un marché régional en pleine expansion. Le centre doit aussi séduire les compagnies internationales à la recherche de services fiables de maintenance et de réparation.
Cette annonce rappelle un précédent : il y a une dizaine d’années, les autorités thaïlandaises avaient tenté de lancer un projet similaire avec Airbus. Le Premier ministre de l’époque, Prayut Chan‑o‑cha, s’était même rendu à Toulouse pour promouvoir l’idée. Mais malgré cette visite officielle, le partenariat n’avait jamais vu le jour, laissant la Thaïlande sans hub de maintenance avancé.
Cette fois, Thai Airways prend les choses en main, avec un financement déjà prévu et une structure dédiée. L’EECO souligne que le projet s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de développement du Corridor économique de l’Est, destiné à devenir un pôle industriel et logistique de haute technologie.
La concurrence est rude : Singapour et la Malaisie disposent déjà de centres MRO bien établis. Mais la demande va croissant, portée par l’expansion des flottes en Asie. Si U‑Tapao réussit son pari, la Thaïlande pourrait non seulement sécuriser de nouvelles recettes pour sa compagnie nationale, mais aussi renforcer son statut dans l’aviation mondiale.
Reste à voir si ce projet évitera le sort de l’accord avorté avec Airbus. Avec des contrats signés et un calendrier fixé, Bangkok semble cette fois déterminée à transformer U‑Tapao en pierre angulaire de son avenir aéronautique.



