
Depuis 2001, plus de 145 000 personnes innocentes prises dans les filets du système judiciaire thaïlandais ont reçu plus de 8 milliards de bahts en compensation, ont annoncé les autorités. Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a rappelé ces chiffres lors d’un événement national organisé à Nonthaburi pour marquer 24 ans d’assistance aux victimes d’erreurs judiciaires par Département de la protection des droits.
Selon le gouvernement, les indemnisations prévues par la loi sur la compensation des victimes et les frais des prévenus dans les affaires pénales ont atteint 8,12 milliards de bahts pour 145 879 personnes. Depuis 2023, plus de 1 000 étrangers ont également bénéficié d’une aide, pour un montant dépassant 47 millions de bahts.
Les autorités reconnaissent que ces victimes subissent des dommages considérables : réputation entachée, perte de liberté, difficultés financières. Elles insistent sur la nécessité de combler les failles du système afin d’éviter que des innocents ne deviennent des « boucs émissaires » de crimes qu’ils n’ont pas commis. « Une justice retardée équivaut à une injustice », a averti le gouvernement, soulignant que ces faiblesses minent la confiance du public et l’image internationale du pays.
Anutin a également lié la réforme judiciaire à la candidature de la Thaïlande pour rejoindre l’OCDE. Selon lui, le respect de l’État de droit et une application cohérente des lois sont des critères essentiels pour convaincre les investisseurs et obtenir l’adhésion à l’organisation.
Au-delà des chiffres, ce rappel met en lumière un problème structurel : un système judiciaire qui, malgré les indemnisations, continue de produire des victimes innocentes. Pour Bangkok, l’enjeu est double : restaurer la confiance des citoyens et montrer à la communauté internationale que la Thaïlande est capable de garantir une justice équitable.


