Lieu où la victime a été retrouvée
Un drame s’est produit jeudi à l’aube dans le district de Non Din Daeng, province de Buri Ram. Weera Ratchawong, 66 ans, président du réseau de surveillance des éléphants sauvages du sanctuaire de Dong Yai, a été mortellement attaqué par l’un des trois pachydermes qu’il tentait de repousser hors du village de Khlong Hin Lat.
Une nuit de tension
Mercredi soir, trois éléphants avaient pénétré dans la communauté pour chercher de la nourriture et endommager les cultures. Alerté par les habitants, Weera avait mobilisé une équipe de volontaires pour les repousser vers la forêt. Les animaux sont revenus à plusieurs reprises dans la nuit, obligeant les villageois à intervenir à trois reprises. Vers 4 h du matin, lors d’une nouvelle tentative, Weera s’est retrouvé face à l’un des éléphants et a été piétiné et blessé par les défenses. Son corps a été retrouvé près de la maison d’un adjoint au chef du village, son motocycle renversé à proximité.
Une communauté endeuillée
Son épouse, Kalong Ratchawong, a témoigné de sa fierté malgré la douleur : « Je suis profondément attristée, mais fière qu’il se soit consacré à protéger la communauté. » Les moines ont été invités à accomplir un rituel traditionnel pour rappeler l’esprit du défunt avant que sa dépouille ne soit ramenée pour les funérailles.
Le chef du village, Manat Yiamram, a rappelé que les intrusions d’éléphants sauvages se multiplient depuis plusieurs mois. La surveillance reposait sur une équipe de 14 volontaires dirigée par Weera, qui avait déjà réussi à repousser les animaux à deux reprises dans la nuit.
Les autorités réagissent
Le directeur du sanctuaire de Dong Yai, Somsuan Raksat, a présenté ses condoléances à la famille et souligné les risques encourus par les volontaires. Le ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement, par la voix de Suchart Chomklin, a exprimé sa « profonde tristesse » et ordonné aux agences concernées de fournir assistance et compensation aux proches.
Un problème récurrent
Cet incident illustre la difficulté croissante de la cohabitation entre communautés rurales et éléphants sauvages en Thaïlande. Les volontaires, souvent sans moyens suffisants, se retrouvent en première ligne pour protéger les habitants et leurs cultures. La tragédie de Buri Ram rappelle l’urgence de renforcer les dispositifs de prévention et de soutien afin d’éviter que d’autres vies ne soient perdues dans cette lutte quotidienne.



