
Sous l’impulsion du gouverneur Vitai Ratanakorn, la Banque de Thaïlande (BOT) engage sa plus vaste réforme interne depuis 27 ans. L’institution, traditionnellement centrée sur la stabilité monétaire et la surveillance des banques commerciales, veut désormais élargir son champ d’action pour répondre aux défis d’une économie de plus en plus numérique et diversifiée.
Trois nouvelles divisions
La réorganisation repose sur la création de trois pôles stratégiques :
- Non‑banks : pour encadrer les acteurs financiers qui ne sont pas des banques, comme les sociétés de crédit à la consommation, les portefeuilles électroniques ou les plateformes de paiement différé (Buy Now, Pay Later).
- Protection des consommateurs : pour superviser directement les crédits de détail, contrôler les taux d’intérêt et les frais, et établir un cadre réglementaire pour les nouveaux produits financiers.
- Systèmes de paiement : pour renforcer la sécurité et la stabilité des réseaux de transactions numériques, désormais considérés comme des infrastructures critiques.
Un poste de vice‑gouverneur dédié aux paiements a même été créé, preuve de l’importance stratégique accordée à ce secteur.
Un virage vers l’économie réelle
Depuis son arrivée à la tête de la BOT, Vitai Ratanakorn a déjà marqué son mandat par des mesures concrètes : baisse du taux directeur à 1 % pour soutenir l’emprunt, lancement du programme SME Boost pour aider les petites entreprises, et surveillance accrue des flux financiers liés à l’immobilier et aux capitaux étrangers.
Cette réforme structurelle s’inscrit dans la même logique : rapprocher la Banque centrale des réalités quotidiennes des citoyens et combler les lacunes réglementaires. Car si les banques commerciales sont soumises à des contrôles stricts, les opérateurs non bancaires bénéficiaient jusqu’ici d’une supervision limitée.
Un équilibre à trouver
La BOT ne délaisse pas pour autant son rôle classique. La division de la stabilité des institutions financières reste en place pour garantir la solidité des banques. Mais des ressources internes sont redéployées vers les nouvelles unités, et des recrutements externes sont envisagés pour renforcer l’expertise, ce qui constituerait un changement culturel notable pour l’institution.
Des projets encore en construction
Il faut rappeler que cette réforme est un projet en cours, prévu pour se déployer jusqu’à fin 2026. Les nouvelles divisions doivent encore être pleinement opérationnelles, et certaines orientations — comme l’encadrement des services BNPL (Buy Now, Pay Later) ou l’arrivée de talents extérieurs — restent à confirmer.
Vers une Banque centrale élargie
En somme, la Banque de Thaïlande veut passer d’un rôle centré sur la monnaie et les banques à une mission plus large : protéger les consommateurs, encadrer les acteurs non bancaires et sécuriser les paiements numériques. Une évolution qui reflète les mutations rapides du secteur financier et la volonté de l’institution de rester en phase avec les besoins de l’économie réelle.



