
La Thaïlande se prépare à affronter un Super El Niño annoncé pour octobre 2026, susceptible de durer jusqu’au début de la saison des pluies 2027. Selon le Département météorologique, les précipitations pourraient chuter d’au moins 10 %, avec des conséquences directes sur les cultures, les plantations de riz et la consommation d’eau.
Un Super El Niño correspond à une phase exceptionnellement chaude du phénomène El Niño‑Oscillation australe, marquée par des températures de surface de la mer bien supérieures à la normale dans le Pacifique central et oriental. L’agence américaine NOAA estime à 81 % la probabilité qu’un épisode très fort se développe entre octobre et décembre, potentiellement le plus intense depuis 1950.
Surapong Sarapa, directeur de la division des prévisions météorologiques, rappelle que la Thaïlande a déjà connu des épisodes similaires en 1997‑1998, 2015‑2016 et 2024. Mais cette fois, l’impact pourrait être plus sévère en raison du réchauffement climatique. « Nous ne ressentirons pas forcément des températures plus élevées, mais nous subirons des changements plus graves dans les régimes de pluie », a‑t‑il expliqué. Les pluies devraient être moins fréquentes mais plus concentrées, avec des averses violentes en saison sèche et davantage de “bombes de pluie”.
Les réservoirs risquent de ne pas capter suffisamment d’eau, car une grande partie des précipitations devrait tomber dans les provinces frontalières. Les zones intérieures pourraient donc être confrontées à la sécheresse. Les quatre grands barrages alimentant la plaine centrale devraient maintenir leur niveau jusqu’en septembre, mais avec des réserves 10 % inférieures à celles de l’an dernier.
Thanes Somboon, porte‑parole du Département royal de l’irrigation, anticipe une baisse de 20 % de la production de riz de deuxième récolte en 2027, faute d’eau disponible. Pour limiter les dégâts, le ministère de l’Agriculture met en place un système d’alternance d’irrigation et de séchage afin de réduire la consommation d’eau. Les cultures saisonnières situées dans les zones irriguées devraient toutefois être épargnées grâce aux lâchers d’eau des barrages.
Au total, près de 15 milliards de m³ d’eau ont été programmés pour l’agriculture, la consommation, l’industrie et les écosystèmes. « Nous avons libéré davantage d’eau ce mois‑ci pour soutenir les agriculteurs. Mais dès le mois prochain, nous réduirons les débits afin de préserver les réserves pour la saison sèche, où la demande pourrait grimper de 20 % », a précisé M. Thanes.
La Thaïlande devra donc composer avec un défi majeur : adapter ses pratiques agricoles et renforcer sa sécurité hydrique face à un phénomène climatique d’ampleur mondiale.



