
La nouvelle politique douanière thaïlandaise commence à produire ses effets. En onze mois seulement, l’administration des douanes a engrangé plus de 4 milliards de baht (plus de 100 millions d’euros) de droits sur les importations de faible valeur, soit des biens d’un prix inférieur ou égal à 1 500 baht.
Une exemption supprimée
Depuis le 1er janvier 2026, la Thaïlande a supprimé l’exemption de droits de douane pour les petits colis. Désormais, chaque produit importé, même d’une valeur d’un baht, est soumis à taxation. Résultat : 225 millions d’articles ont été enregistrés, pour une valeur totale de 41 milliards de baht.
Impact sur les consommateurs
Selon Phantong Loykulnanta, directeur général des douanes, cette mesure a renchéri le prix de nombreux produits populaires comme les coques de téléphones, les lunettes ou les bracelets de montre. Les consommateurs se tournent davantage vers les vendeurs locaux, ce qui réduit le volume des importations bon marché, notamment en provenance de Chine.
Une manne fiscale en hausse
Au‑delà des petits colis, l’administration douanière a collecté 590,8 milliards de baht sur l’ensemble des catégories fiscales en onze mois, soit une progression de 9 % par rapport à l’année précédente. La TVA représente la part la plus importante, avec 338,7 milliards de baht, en hausse de 11 %.
Phantong prévoit que le total des recettes douanières dépassera 600 milliards de baht pour l’exercice 2026, contre 596 milliards en 2025.
Un tournant pour le commerce en ligne
Cette réforme marque un changement majeur pour les plateformes de e‑commerce, qui profitaient jusque‑là de l’exemption pour attirer les consommateurs thaïlandais avec des produits à bas prix. Désormais, les achats transfrontaliers perdent de leur attrait, tandis que les commerçants locaux voient leurs ventes progresser.
La France s’est trouvée confrontée au même problème avec une solution qui semblait similaire et avec des résultats mitigés. La taxe nationale de 2 € par article, appliquée de mars à juin 2026, devait rapporter environ 400 millions d’euros. En pratique, les recettes n’ont atteint qu’une trentaine de millions sur l’année, car les grandes plateformes ont rapidement contourné le dispositif en redirigeant leurs flux via d’autres pays européens. Face à cet échec, la France a suspendu sa mesure dès juillet pour s’aligner sur le système communautaire. L’Union européenne a alors instauré un droit forfaitaire de 3 € par catégorie d’article sur les colis de moins de 150 €, applicable dans les 27 États membres. Avec près de 4,6 milliards de colis concernés, le potentiel de recettes dépasse les 10 milliards d’euros par an, dont 25 % sont reversés aux États membres pour couvrir les frais de perception. Cette réforme vise à rééquilibrer la concurrence avec les vendeurs européens et à limiter l’afflux massif de petits colis étrangers, tout en renforçant les ressources propres de l’UE. On ne peut pas encore chiffrer la manne récoltée.



