
La dernière enquête trimestrielle de popularité politique du NIDA Poll confirme une recomposition des forces en Thaïlande. Réalisée du 18 au 23 septembre auprès de citoyens de 18 ans et plus, elle montre un recul marqué du Premier ministre Anutin Charnvirakul et de son parti Bhumjaithai, tandis que le Pheu Thai gagne du terrain.
Natthaphong reste en tête
À la question du choix de Premier ministre, Natthaphong Ruengpanyawut du People’s Party arrive premier avec 24,72 %. Il devance l’option « aucun candidat » (19,80 %) et Anutin (13,76 %). Suivent Yodchanan Wongsawat du Pheu Thai (11,28 %), Abhisit Vejjajiva, Démocrates (9,60 %) et Warong Dechgitvigrom (5,68 %). Les autres figures, dont Sudarat Keyuraphan ou Prayut Chan‑o‑cha, oscillent entre 1 et 3 %.
Les partis : People’s Party solide, Pheu Thai en hausse
En termes de partis, le People’s Party reste premier avec 35,40 %, proche de son niveau du premier trimestre (35,80 %). Le Pheu Thai progresse nettement, passant de 12,04 % au premier trimestre à 18,44 % aujourd’hui. Le Bhumjaithai, lui, s’effondre : 26,60 % au premier trimestre, 17,00 % au deuxième, puis seulement 12,08 % au troisième. Le Democrat Party suit avec 9,80 %, tandis que les autres formations restent sous les 5 %.
Une dynamique contrastée
Natthaphong recule sur trois trimestres (de 30,60 % à 24,72 %), mais conserve la première place. Anutin connaît la chute la plus brutale : de 29,40 % au premier trimestre à 13,76 % aujourd’hui, soit une perte de 15,64 points. Yodchanan progresse légèrement, Abhisit fluctue, et Warong monte régulièrement (de 1,56 % à 5,68 %).
Un signal politique fort
Ces résultats traduisent une perte de confiance envers le Premier ministre et son parti, au profit du Pheu Thai qui regagne du terrain. Le People’s Party conserve son statut de première force, mais son leader voit son avance s’éroder.
Anutin semble revenir à ses niveaux habituels : le Bhumjaithai n’a jamais été conçu comme un parti de direction, mais plutôt comme une force d’appoint dans les coalitions. Sa victoire de janvier 2026 s’expliquait par un discours ultranationaliste, porté par les tensions violentes avec le Cambodge en décembre 2025. Reste à savoir s’il tentera de réveiller cette fibre patriotique, alors que Phnom Penh affiche désormais une volonté d’apaisement.
Le Parti du Peuple, lui, paie une ligne politique fluctuante et un manque d’incarnation. On se souvient qu’il avait contribué à l’arrivée d’Anutin au pouvoir en août 2025. Mais les nombreuses évictions de ses dirigeants par la Cour constitutionnelle depuis sept ans ont affaibli son leadership. Une nouvelle condamnation visant ses actuels responsables fragiliserait encore ce parti pourtant populaire, déjà marqué par une perte de repères et de cohérence.
Le Pheu Thai, à la fois populiste, moderne et solidement implanté dans les régions, pourrait tirer parti de la situation s’il parvient à s’appuyer sur un leader de poids capable de succéder à un Thaksin Shinawatra vieillissant.



